Société

Pourquoi je ne regarde plus les infos

Poivree / 10 janvier 2018

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de quelque chose qui a changé ma vie mon quotidien d’une façon plus que positive. Depuis deux mois, je ne regarde plus les infos. Plus précisément depuis les attentats du mois de janvier.

J’ai pris cette décision, non pas à cause des attentas à proprement dit, mais plutôt à cause de l’accumulation d’informations que l’on nous sert à longueur de journée. Avant les attentats, je suivais l’information généraliste d’assez près, que se soit à la télévision, sur mon portable, sur mon fil d’actualité Facebook, à la radio durant mes trajets en voiture ou encore dans les journaux papier sur lesquels je tombais. Vu que l’information est partout, rien ne m’échappait, du conflit israélo-palestinien, à la déchéance de Nabilla, en passant par les règlements de comptes de la classe politique, la montée du chômage, du racisme, les faits divers tous aussi sordides les uns que les autres… Il m’arrivait même certains soirs de regarder les éditions BFM en boucle. J’étais franchement accro et socialement incollable sur l’actu.

A force de nous dire que tout va mal jour après jour, je me suis rendue compte, au fur et à mesure des années, que je développais une forme d’angoisse et j’ai constaté qu’après avoir vu ou lu ce concentré de négativité que sont les informations, je ressentais un pessimisme tel, qu’il avait le don de me saper le moral pour un moment.

Je dois reconnaître que les attentats du janvier ont été un déclic pour moi. Comme tout le monde, j’ai été extrêmement choquée et triste. Je me souviens que du mercredi midi jusqu’au dimanche après la marche à Paris, je suis restée scotché devant mes écrans à lire et écouter les infos, attentive à la moindre évolution de la traque, émue par les rescapés, essayant de trouver un sens à ce qui venait de se passer, en vain. Je ne dormais quasiment plus la nuit, je me sentais épuisée à force de cogiter, déprimée, mal dans mes baskets, et plus j’ingurgitais des informations, plus je cogitais, plus j’étais mal…

Après cette horrible période, j’ai pris conscience des effets négatifs que les informations avaient sur moi. J’ai donc décidé de commencer une cure. Une seule règle à suivre : ne pas regarder ou lire les infos. Pour cela, j’ai retiré tous les sites d’infos de mes favoris, je me suis désabonnée de leurs comptes sur FB, j’ai également mis fin aux newsletters, j’ai remplacer l’enregistrement des stations radio d’infos par des stations musicales,…Bref j’ai tout mis en oeuvre pour ne plus avoir aucunes sources d’actualités médiatiques. Au début, j’ai été assez déstabilisée car j’ai eu la sensation, en plus de celle du manque, d’être coupée du monde. Il m’a clairement fallu une petite période d’adaptation. Après une semaine, j’ai commencé à me sentir plus sereine et ça ne m’a plus vraiment dérangé de couper court au flux d’infos. J’ai, petit à petit, pris l’habitude d’avoir un quotidien qui n’était plus rythmé par d’atroces nouvelles.

Ne plus perdre de temps devant les actualités, m’a aussi permis d’être plus sélective et de choisir quel type d’informations je veux avoir. Et en ce moment, je privilégie les blogs orientés sport et les magazines déco par exemple. Je fais en sorte que l’information dont je me nourris ait un sens pour moi. Qu’elle soit porteuse de quelque chose qui va me servir et m’intéresser et non pas d’un énième fait divers sans aucun rapport de près ou de loin avec ma vie. Côté moral, j’ai l’impression que des fenêtres se sont ouvertes dans ma tête et qu’un grand bol d’air frais et printanier s’y est engouffré. Et ça fait un bien fou ! Je fais preuve de moins de pessimisme, je ne rumine pas sur le comportement de tel ou tel politique, je ne vois pas le mal partout, je me sens plus légère et libérée.

Bien sûr, je ne vis pas dans le fabuleux monde des Bisounours, j’en ai conscience. Je ne prétends pas non plus faire l’autruche. Je me doute que la Terre continue de tourner avec son lot de mauvaises nouvelles, mais je sais pertinemment que si des événements importants arrivent, je finirai par le savoir.

Je ne dis pas que jamais plus je ne regarderai les infos. Ce que je sais, c’est que si je me mettais de nouveau à suivre l’actualité, ce sera à très petite dose.  Mais pour le moment , je ne suis pas prête d’arrêter cette cure qui me procure une grande satisfaction !

Et toi, est-ce que tu regardes les informations ?

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